|
Pierre Gagnaire / Vie / Cuisine / Sens / Harmonie
/ ... /Art et Science
|
 |
| |
|
Vive la chimie !
|
Continuons ce mois-ci l’entreprise entamée
l’été dernier, et qui consiste à donner des
noms de chimistes célèbres à des mets. Cette fois,
ce sera le nom de Chaptal qui sera donné, parce qu’il est
question d’ajouter du sucre à une préparation.
Je vous rappelle les chimistes qui ont été précédemment
honorés :
·
Le nom de Michel-Eugène Chevreul (1786-1889) a été donné aux
préparations qui mettent en œuvre un contraste simultané des
goûts ;
·
Le nom de Michæl Faraday (1791-1867) a été donné aux
mets de formule [(G+H+S1)/E]/S2 ;
·
Le nom de Joseph-Louis Gay-Lussac (1778-1850) a été donné aux
veloutés mousseux ;
·
Le nom de Claude Joseph Geoffroy (1685-1752) s’applique désormais
aux émulsions que l’on obtient en fouettant de l’huile
dans un blanc d’œuf ;
·
Le nom de Josiah Willard Gibbs (1839-1903) a été donné aux émulsions
gélifiées chimiquement, ce que j’avais préalablement
nommé des « doubles dispersions » ;
·
Le nom d’Antoine Laurent de Lavoisier (1743-1794) a été donné aux
royales de l’extrême, telle celle qui figurait dans le menu
que nous avions préparé en l’an 2000 ;
·
Le nom de Justus von Liebig (1803-1873) a été donné aux émulsions
gélifiées physiquement ;
·
Le nom de Louis Camille Maillard (1878-1936) a été donné aux
demi glaces de légumes ;
·
Le nom de Dmitri Ivanovitch Mendeleïev (1834-1907) a été donné aux
infusions généralisées, dans l’huile, dans
l’alcool, à froid, à chaud… ;
·
Le nom de Antoine-Augustin Parmentier (1737-1813) a été donné aux
pains obtenus à partir d’une farine sans gluten à laquelle
on ajoute du gluten extrait d’une farine de blé ;
·
Le nom de Louis Pasteur (1822-1895) a été donné aux
plats où, par l’exercice d’une cuisine note à note,
de l’acide tartrique est employé ;
·
Le nom de Eugène Melchior Péligot (1811-1890) a été donné aux
caramels de glucose, de fructose… ;
· Le nom de Charles Gabriel Pravaz (1791-1853) a été donné aux
mets qui font usage des intrasauces ;
·
Le nom de Friedrich Wöhler (1800-1882) a été donné aux
sauces où, encore en vertu d’une cuisine note à note,
des polyphénols sont présents ;
·
Le nom de Charles Adolphe Wurtz (1817-1884) enfin a été donné aux
mousses gélifiées ;
Et maintenant, le Chaptal :
Les descriptions de ces diverses préparations sont détaillées
dans les pages de ce site. Il ne manque que la description du Chaptal.
L’idée est d’utiliser le fait que l’on puisse
faire un mètre cube de blanc en neige avec un seul blanc d’œuf.
Dit ainsi, l’idée est fausse bien sûr, parce que si
l’on considère qu’une seule bulle fait déjà un
blanc en neige, le calcul montrer qu’un blanc d’œuf
permet de faire un volume de plus de 1 000 m3 ! Plus exactement c’est
avec des bulles de la taille d’un blanc en neige classique que
l’on peut obtenir 1 m3 de blanc en neige à partir d’un
blanc d’œuf. Il suffit de se poser la question : pourquoi
un blanc en neige classique ne monte-t-il pas plus qu’un tiers
de litre ? Et la réponse est : parce qu’il manque d’eau
pour accueillir les bulles d’air.
· Le nom de Charles Gabriel Pravaz (1791-1853) a été donné aux
mets qui font usage des intrasauces ;
·
Le nom de Friedrich Wöhler (1800-1882) a été donné aux
sauces où, encore en vertu d’une cuisine note à note,
des polyphénols sont présents ;
·
Le nom de Charles Adolphe Wurtz (1817-1884) enfin a été donné aux
mousses gélifiées ;
Et maintenant, le Chaptal :
Les descriptions de ces diverses préparations sont détaillées
dans les pages de ce site. Il ne manque que la description du Chaptal.
L’idée est d’utiliser le fait que l’on puisse
faire un mètre cube de blanc en neige avec un seul blanc d’œuf.
Dit ainsi, l’idée est fausse bien sûr, parce que si
l’on considère qu’une seule bulle fait déjà un
blanc en neige, le calcul montrer qu’un blanc d’œuf
permet de faire un volume de plus de 1 000 m3 ! Plus exactement c’est
avec des bulles de la taille d’un blanc en neige classique que
l’on peut obtenir 1 m3 de blanc en neige à partir d’un
blanc d’œuf. Il suffit de se poser la question : pourquoi
un blanc en neige classique ne monte-t-il pas plus qu’un tiers
de litre ? Et la réponse est : parce qu’il manque d’eau
pour accueillir les bulles d’air.
D’où l’idée qui consiste à ajouter de
l’eau. Naturellement, cette eau peut avoir du goût : ce peut être
un jus de pomme verte, du café, du jus de citron, du bouillon…
Pour stabiliser la mousse obtenue, il faut fouetter vigoureusement,
afin que les bulles soient plus petites : elles « tiendront » mieux
l’eau, par des forces de surface analogues à celles qui
font le « ménisque » (voir photographie ) au bord
d’un verre, la surface du verre tirant l’eau vers le haut.
Une autre possibilité, pour stabiliser les Chaptals, consiste à ajouter
du sucre : on obtient un appareil à meringue cru, que l’on
peut servir dans un dessert, par exemple.
Jean-Antoine Chaptal (1756-1832) ne mérite-t-il pas tous tes
soins artistiques ?
D’où l’idée qui consiste à ajouter de
l’eau. Naturellement, cette eau peut avoir du goût : ce peut être
un jus de pomme verte, du café, du jus de citron, du bouillon…
Pour stabiliser la mousse obtenue, il faut fouetter vigoureusement,
afin que les bulles soient plus petites : elles « tiendront » mieux
l’eau, par des forces de surface analogues à celles qui
font le « ménisque » (voir photographie ) au bord
d’un verre, la surface du verre tirant l’eau vers le haut.
Une autre possibilité, pour stabiliser les Chaptals, consiste à ajouter
du sucre : on obtient un appareil à meringue cru, que l’on
peut servir dans un dessert, par exemple.
Jean-Antoine Chaptal (1756-1832) ne mérite-t-il pas tous tes
soins artistiques ?
|
|
Quelle idée simplissime et géniale. Ce brave blanc
d’œuf souvent méprisé en cuisine devient
aujourd’hui, grâce à toi, un acteur important.
Cette mousse fade qui se décline à volonté peut
supporter nombre de jus aux goûts sobres, nets, étranges,
percutants.
Je donne ici deux idées mises en place à Tokyo avec
Stéphane Tronchet le pâtissier.
Après cet essai de cocktail, j’ai le sentiment que tout
ce travail d’Hervé va modifier de façon fondamentale
l’approche des cocktails. Peut-être encore plus qu’en
cuisine le monde des barmen est centré sur le rève,
le décalage du à l’ambiance, à l’heure à laquelle
on déguste leurs breuvages. Le mode de consommation permet
toutes les fantaisies.
|
|