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Bienvenue : lors des réunions de
travail, cette bienvenue se fait par la proposition d’un café.
Toutefois, on pourrait vouloir changer. Un cocktail, par exemple ?
Pour les barmen, le goût du breuvage est évidemment essentiel, mais
la superposition de couches semble également être un critère
de qualité. C’est ainsi que, pour une réunion de barmen,
j’ai été amené à inventer le cocktail suivant,
nommé « Welcome coffe ». ne pourrions-nous pas, mon cher Pierre,
changer le goût et conserver l’idée des superpositions ?
Avec du café
Pour le Welcome coffe, la première
couche, en partant du fond, est une couche de café gélifié.
Simple à réaliser : on dissout de la gélatine
dans du café, et l’on coule une couche au fond du
verre.
Café et chocolat : pourquoi ne pas jouer l’alliance. C’est
ainsi que la couche, liquide, celle-ci, qui sera coulée sur la première
sera une couche de chocolat dense et froid.
Dessus, on aura versé soigneusement une couche du même chocolat,
mais brûlant, celui-ci : en raison de la différence de températures,
la couche de chocolat chaud ne se mélangera pas à la couche de
chocolat froid… et la couche de gelée inférieure sera protégée
par le chocolat froid.
Pour disposer une couche sur la couche supérieure, de chocolat chaud,
le jeu avec les températures ne suffira plus. Il faut utiliser un liquide
de densité inférieure à celle de l’eau qui compose
le chocolat chaud. On utilisera par exemple de l’huile de café,
que l’on aura obtenue en macérant de l’huile avec du café en
poudre et l’on émulsionnera cette huile dans du café additionné de
gélatine. L’émulsion aura une densité quasi égale à celle
de l’huile : elle se disposera donc sur le chocolat chaud sans se mélanger à lui.
Encore moins dense ? De la vodka
! Lentement versée sur l’émulsion
de café, elle y subsistera sans se mélanger.
Toujours moins dense, un gaz s’impose. Ou plus exactement une mousse :
je propose de dissoudre de la gélatine dans du café sucré,
puis de fouetter vigoureusement pendant longtemps. Une mousse de café abondante
se forme. On la versera délicatement sur la vodka. Par-dessus, je propose
enfin un cristal de vent au café, réalisé conformément
aux indications données il y a quelques mois.
Quelques amandes grillées, avec un peu d’un mélange d’acide
tartrique et de bicarbonate de sodium, pour faire mousser au moment de la consommation.
L’effet est assuré.
Transposons
Comptons les couches : (1) gelée, (2)
chocolat froid, (3) chocolat chaud, (4) émulsion, (5) vodka, (6)
mousse gélifiée, (7) mousse solide, (8) amandes grillées,
(9) poudre effervescente. Neuf couches pour un cocktail : voilà une
belle réalisation de « mixologie moléculaire »,
n’est-ce pas ?
Elle n’est donnée qu’à titre d’exemple. La saine
considération des densités permet de transposer ce cocktail avec
des goûts sur mesure. Ici, nous sommes restés dans le registre du
café, mais pourquoi pas, en cuisine, faire de même avec des bouillons,
des jus de fraise…
A toi de jouer, mon cher Pierre.
Hervé This
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